- Chapitre Deux ._______Mes paupières se ferment, souples comme les persiennes d'un soir très loin d'ici. Elle n'a plus envie de crier. Je la regarde partir dans la salle de maternité tandis que le sommeil me gagne lentement. Mes pensés fusent, Oui, j'en suis sûre.. Je dois retrouver son père !
_______Tout est silencieux, dans quelques minutes il débarquera dans ma chambre. Mon regard passe au delà de la petite fenêtre se trouvant dans mon immense chambre aussi vide que mon coeur à cette instant précis. La lune, dont j'avais presque oublié la présence, cisaille le ciel parsemé de nuages. Je m'évade avant ma descente en enfer. Il arrive, je le sais, j'entends ses pas lourds faisant craquer l'escalier de bois... Lui ! Celui qui est censé me protéger comme tout père le ferait envers sa fille. Les larmes coulent peu à peu. J'ai peur sachant pertinemment que dans quelques secondes se sera le désastre, une destruction après une reconstruction. Il ouvre la porte en prenant soin de la refermer à double tour. Sa ceinture à la main, habillée de quelques gouttes de mon sang séché. L'heure est venue. Mes pleures se font entendre. « Ne pleure pas, tout ira bien ma chérie » me disait-il avant de commencer. Il se poste devant mon lit. Il lève ma chemise de nuit, la seule chose qui me séparait de lui. Il posa ses mains sur mon intimité.
_______J'ouvre les yeux. Je suis en sueur. Un cauchemar. Mon regard parcourt ma chambre obscure, angoissante. Il vient se poser sur la pendule éclairée par le seul rayon de lune transperçant la fenêtre. Il est 4 heures. Une nuit de plus, et toujours ce même cauchemar. Mon esprit est vide de sens. Toutes mes pensés se sont mélangées pendant cette nuit mouvementée. Que se passe-t-il ? Où suis-je ? Je me pose de plus en plus de questions, et le besoin de réponses augmente chaque seconde. Je récupère lentement mon calme. Mon rythme cardiaque décroisse. Ça y est. Je reprends mes idées. Je suis seule dans ma chambre d'hôpital. Seule ? Non, il y a le reflet de mon père. Mon bourreau. Il me hante. Je le détestes maintenant. Il ne m'a rien apporté. Rien sauf un sentiment souillé, détruit. Certes... Je n'ai pas de problèmes d'argent. Pour ça, je peux remercier mon brillant père. Effectivement, celui-ci était chirurgien, reconnu à travers le monde. J'ai bien dis « était » car il demeure dans notre caveau familial, pour mon plus grand bien. Oui, ce n'est pas normal. Ai-je ressentis, un jour, de l'amour envers cet homme aussi froid qu'un glaçon entrant dans votre bouche asséchée ? Non, jamais. Il me haïssait au point de me dire que je n'étais pas digne de porter son nom. Bien sûr, un nom prometteur, mais même ma propre mère, après la mort tragique de son mari m'a confié que je salissais ce nom. C'est sûrement vrai, mais elle ne voulait pas voir ce que je subissais au quotidien à cause de ce monstrueux homme. Elle fermait les yeux. Mon père m'avouait parfois que j'étais une traînée spécialisée dans la séduction, parce qu'il me disait bien souvent que c'était de ma faute si j'étais aussi irrésistible. Je me souviens de ses mots qu'il prononçait avec une telle simplicité : « Tu es le portrait tout craché de ta charmante mère, mais en plus jeune. Je crois que je suis tombé amoureux du reflet de ma femme, autrement dit... Toi . » C'est pour cela que chaque soirs, mon père débarquait dans ma chambre. Et vous devinez que ce n'était pas pour jouer aux mikados. Bien sûr que non. Je me sentais souiller de tout mon être. Ma mère le savait, car son homme ne m'empêchait en aucun cas de crier ma détresse. Peut-être que ce traumatisme a fait de moi ce que je suis à présent. Oui, ça doit être ça. Et qu'est-ce qu'il me l'a fait payer parce qu'il était au courant de ma merveilleuse profession. PUTE ! Néanmoins, Il n'a jamais voulu reconnaître mon dégoût envers la médecine. Son plus grand rêve était d'être présent à la remise du doctorat de médecine qui m'était attribué. Malheureusement, ma vie ne s'était pas déroulé comme il l'avait prévu. Il me voyait mariée avec un enfant, un grand appartement dans le centre de Londres, ainsi qu'une Smart à mes frais. A la place d'une vie paisible, je suis devenue une experte en sexe. Je fais peut-être plus de bien qu'un médecin. Qui sait ?
Une experte en sexe devenue maman, il a quelques heures. Je l'avais presque oublié. Trop occupée à combattre contre mes démons du passés, que j'en oublies ma fille. Avant de la confier aux services sociaux. Je me suis jurée de retrouver son père. Comment ? Me direz-vous. Je suis peut-être une péripatéticienne. Mais, une prostitué gardant des traces de tout ses clients. Vous en connaissez beaucoup ?
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Aurore.